La condition de la femme pokemon #1

Note de l’auteur : ce texte est une fiction. merci de ne pas réduire les tulpae à leurs propos, et merci de ne pas me réduire à elleux.

1 – Parfois, j’aimerais que tu sois jaloux. J’ai l’impression que tu ne m’aimes pas vraiment, en tout cas que ton amour pour moi n’est pas aussi intense, aussi incontrôlable que celui que tu avais pour J. Tu étais jaloux, détruit, quand elle est tombée amoureuse. Je voudrais que tu sois possessif. Je voudrais que tu m’aimes au point de rampement.

Mon besoin, c’est l’amour. J’ai besoin d’être aimé si fort. J’ai besoin d’être aimé éperdument, et qu’on s’engage avec moi, pour moi. D’être accueilli et accepté et soutenu. Et je veux qu’on se batte pour moi.

2 – Tu as trop besoin d’amour. Ce miel m’écoeure, rend poisseux. Ce film Disney toxique que tu performes nous fatigue toustes. Tu m’englues, tu me contrains, tu m’épuise avec ta passion. Tu es comme la cruche percée qui jamais ne se remplit. Tu me dégoûtes. Tu es insupportable. Rends-toi compte que tu cherches à combler un vide qui ne peut être comblé. L’amour n’existe pas, c’est une fiction. Un conte pour enfants. Tu sais ce que tu es ? Une gamine.

Moi, j’ai besoin de liberté, d’indépendance. J’ai besoin d’humilité, qu’on redescende sur terre et qu’on se contente un peu de ce qu’on a. Parce qu’on a beaucoup, on a toujours eu beaucoup. Nous sommes riches, et tes pleurs ne sont que des chouineries d’enfant gâté. 

3 – Des hommes des hommes des hommes. Tu parles d’amour mais je sais que tu parles des hommes. Tu parles d’amour, moi j’appelle ça la prison. Et j’en ai marre de courber l’échine. J’en ai marre de l’hétérosexualité. J’en ai marre d’attendre, et d’être toujours déçue. Quand comprendrais-je qu’avec eux, on est TOUJOURS déçu ? Leurs mensonges, leur lâcheté, leur petit nombril sur lequel il faut passer la pommade à LONGUEUR D’ANNÉE. Qu’il faut supplier d’aller chez le psy. Mais quelle croix, putain, quelle croix sur le dos des femmes.

J’ai besoin de justice, d’égalité. Que les mecs regardent enfin la montagne de privilèges sur laquelle ils se trouvent, et ferment leur grande gueule. Qu’ils regardent en face leur imaginaire de domination, de dégradation, ce qu’ils veulent nous faire au lit quand nous sommes “consentantes”. Pieds et poings liés par le patriarcat, voici mon consentement éclairé, quelle blague. Comment consentir à l’humiliation ? Vous appelez ça l’amour, moi j’appelle ça esclavage, prostitution. Du viol et de la torture, organisés.

4 – Le numéro que tu nous sers, ton numéro de féministe, est détestable. Tes discours à deux balles alors que tu baves devant le premier torse venu. Calme toi. Ton plaisir femelle quand tu te fais défoncer par un mâle alpha, ce n’est pas moi qui l’invente. Tu rages parce que tu as peur d’aimer, peur d’être hétéro, peur d’être coupable. La honte te défigure, ma pauvre. Tu projettes sur le monde des obsessions qui t’appartiennent, des blessures dont tu devrais prendre la responsabilité au lieu de toujours, toujours te poser en victime. Tu organises ta soumission, puis ton insoumission. C’est un serpent venimeux qui se mord la queue. Ta pilule rouge n’est que poison.

Je veux l’honnêteté, la transparence, la responsabilité. Nous sommes capables de nous mettre debout, de dire des choses, de pointer du doigt certes, de dénoncer d’accord, mais aussi de prendre notre part, et pas seulement quand ça nous arrange. Pas seulement quand nous sommes du bon côté du bâton. On ne changera pas le monde sans se regarder en face : nous sommes abusés parce que nous tolérons les abus. Nous ne sommes pas sans défense. Nous ne sommes pas nés de la dernière pluie. Nous sommes des adultes.

5 – Moi je ne suis pas un adulte. Je suis l’enfant dont le cœur est ouvert, donc blessé. Je n’ai même pas de mot quand je vois toute cette violence. ça me brise. Je suis triste, et en même temps j’ai le souvenir des moments de paix. Je vois tous ces jugements, et je n’entends que des âmes blessées : la souffrance de ne pas être aimé, de ne pas être libre, de ne pas être puissant, de ne pas être juste. Tant de maux. 

Je veux l’éveil, et avec lui la paix. La danse de tous les fragments dans le plus petit espace. J’ai envie qu’on s’accueille, qu’on se fasse des câlins, qu’on dorme sur nos deux oreilles. Qu’on se fasse de la place les un·es tout contre les autres.

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