qui suis-je sur l’île ?

L’avion a atterri avec une heure de retard, et moi je ne suis toujours pas là. Ce texte pour m’habiter, revenir à moi. J’accepte qu’il est difficile, douze ans plus tard, de te reconnaître. Mon corps pourtant reconnait ta chaleur, ta tendre caresse…

Qui suis-je sur l’île ? Quand je t’ai quittée pour la dernière fois je n’avais pas encore vingt ans. J’étais si différente. Je réalise l’ampleur de la déterritorialisation. Mes pieds sur ton sol et mon corps dans ton sein je redeviens celle que j’étais.

Le garçon que je suis en France est-il mensonge ? Est-il symptôme d’une dissociation trop longue ? La masculinité c’est la mise à distance ?

J’ai choisi pour ce court séjour de vivre sur ta côte Atlantique, de l’autre côté il y a la Bretagne où je serai bientôt, les plages occitanes où j’ai passé tant d’étés, la Rochelle où j’ai retrouvé des sœurs avant-hier. Je peux enfin répondre à tous ces coucous que je t’envoyais dans le vide, d’un bout à l’autre de l’océan.

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