c’est la dernière fois

je commence à sortir de la dissociation. Hier au Kréyol Market la caissière m’a reconnu, et cela m’a ancré. Je me suis senti en lien, en habitude.

Dans un monde où l’avion ne polluerait pas et serait gratuit, si je pouvais le prendre comme je prends le train, je serais sûr de revenir. Je pourrais m’installer à Rennes et passer tous mes hivers ici. Certains antillais déracinés le font.

J’ai l’impression que je n’en ai pas le droit. Pourtant, quand mes parents vivaient encore ici et que je faisais mes études en hexagone, je profitais du passeport mobilité, un outil qui permet aux étudiants d’outre-mer de pouvoir rentrer chez eux une fois par an.

Je ne me posais pas autant de questions. En douze ans d’exil, j’ai chopé l’anxiété occidentale, la culpabilité blanche et la conscience de soi exacerbée.

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