Vincent

Aujourd’hui je m’occupe des cartes postales, et je n’en ai même pas achetée une pour toi. Ce blog est une longue lettre que je t’écris car je sais que tu me liras chaque jour. Tu es mon lecteur idéal, celui qui est loin et à qui je raconte ce qui se passe sans avoir besoin de situer qui je suis ni pourquoi je suis là.

Si tu n’es pas Vincent, tu es bienvenu·e aussi. Quand j’ai commencé à m’enregistrer fin 2015, je commençais tous mes podcasts par « bonjour mon amour », et il (Vincent) était déjà mon auditeur idéal. Adresser mes mots m’aide.

Hier j’étais à Fort-de-France, et j’ai revu la Bibliothèque.

Quand on pénètre l’enceinte du bâtiment, on se retrouve nez à nez avec une grande salle très ouvragée (aussi ouvragée que la façade). Sur les murs des rangées d’ouvrages dont certains semblent avoir plusieurs siècles, grimpent presque jusqu’au plafond, si ce n’est l’espace d’une frise centenaire où reposent des grands noms de la Littérature : je retiens Rousseau et Lamartine.

Un peu plus profondément je m’enfonce, je monte les marches qui mènent au fond Antillais, une bibliothèque dans la bibliothèque articulée autour des Antilles : on y trouve toutes les codes de la classification décimale Dewey (Littérature, Sciences Sociales, Livres de Recettes…), mais strictement recentrée sur l’archipel.

Juste à côté de la bibliothèque, il y a une petite échoppe où je mangeais de la viande laquée lorsque j’étais adolescente. En face, la Savane, une grande esplanade où je pique-niquais avec mes potes. Un peu plus loin, l’Atrium, où j’ai vu et joué tant de spectacles.

Une grande partie de ma construction culturellle dans ce mouchoir de poche foyal.

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